Besoin d’une petite pause…
Besoin d’une petite pause dans cette course folle contre la montre avant notre grand départ. Effectivement, il nous reste 71 jours avant de partir, et Aline a éprouvé le besoin de prendre le temps de se poser et d’arrêté de préparer cette nouvelle vie qui nous attend et que nous attendons avec impatience. Juste une semaine !

Car depuis plusieurs mois, nous n’arrêtons pas. Nous préparons, listons, organisons… notre prochaine vie. Nous partons… Oui pas faire un voyage d’un an, ni deux, mais bien 5 ans ! C’est long, on se rend compte aujourd’hui, qu’il ne s’agit plus d’un voyage mais d’une autre façon de vivre.
De plus, nous ne reviendrons plus dans le Nord, c’est quasiment une certitude. Même si les gens qui nous entourent sont notre soleil, même si toutes les personnes que nous aimons y vivent… le Nord représente malheureusement aussi beaucoup de mauvais souvenirs, des blessures que nous ne souhaitons plus avoir et voir dans notre prochaine vie.
Besoin de prendre le temps, pour revivre mentalement tous ces merveilleux moments de vie avec les gens que nous aimons, que nous avons aimé, que nous avons perdus ou perdu de vue… afin de faire le bilan de cette période merveilleuse, riche, heureuse mais aussi difficile que nous avons vécu jusqu’à aujourd’hui.
Un bilan de vie…
Peut être avions nous besoin de faire le point, de réfléchir à tous ce qui nous a amenés à prendre la décision de partir.
Prendre le temps…

D’être avec les gens que nous aimons, de rire, de fabriquer de nouveaux souvenirs avant de partir.
De s’autoriser à être triste aussi de quitter les personnes qui ont été là pour traverser nos déboires et se réjouir de nos grands bonheurs.
De s’assurer qu’ils sachent que nous les aimons jusqu’au bout du monde et qu’ils restent à jamais les bienvenues dans nos vies et dans nos cœurs même à des millions de kilomètres.
De leur promettre, l’effort que nous ferons pour leur raconter notre vie loin d’ici et d’attendre leurs promesses qu’eux aussi ne nous oublierons pas.
De leur rappeler, même s’ils le savent déjà notre adresse mail, notre site internet, notre page Facebook, notre page Instagram, que nous avons Skype, WhatsApp, Messenger…
De leur dire mille fois, de nous raconter leur vie, les petits détails, leurs joies, les colères… On attend de vous tous les détails que nous manquerons mais on vous assure que cela comptera pour nous.
Besoin de faire le deuil…
Des personnes que nous ne voyons plus et que nous ne verrons plus jamais, aussi. La vie fait que nous prenons des chemins différents, que nous ne sommes pas en accord avec notre entourage, ou qu’ils ne sont pas d’accord avec notre façon de voir la vie, ou nos décisions. Cela ne nous empêche pas d’avoir de merveilleux souvenirs avec eux. C’est aussi pour nous, un moment crucial car en partant nous laisserons derrière nous cette tristesse, cette colère, cette rancœur…

Nous sommes en plein deuil, deuil des personnes que nous ne verrons plus, que nous ne souhaitons plus voir. Deuil des personnes qui ne serons jamais ce que l’on attendait d’eux…
Nous avons décider de partir, de couper certains ponts, pour prendre une route qui nous correspondait mieux. Et c’est avec le cœur léger que nous prendrons la route comme soulagé d’un poids devenu trop lourd à porter, comme ci nous attendions cela depuis toujours, une bouffé d’air frais afin de pouvoir respirer à pleins poumons, libre et léger.

Ce chemin… Notre destin…
Ce chemin que nous nous apprêtons à prendre est devenu essentiel, nécessaire pour nous.

Le destin… à croire que tout, dans notre vie, nous a amener à prendre cette décision. Aujourd’hui, nous ne voyons pas comment nous pourrions vivre cette vie, autrement qu’en partant. Et les gens qui nous connaissent et qui nous aiment, savent à quel point cela est une vérité.
Nous avons besoins de partir, d’être ensemble, de voir le monde, de prendre le temps, d’air, de simplicité, de minimalisme, de nature, de découverte… Comme si cela était devenu vital.
Cette vie d’avant, nous a épuisé, le travail, le stress, la pression, les soucis, les relations toxiques, les problèmes de santé…
Nous sommes sûr de nous, depuis longtemps… Mais une chose nous a particulièrement marqué et comme on dit « A enfoncé le clou », ces deux dernières années. Nous avons pris conscience d’une chose essentiel !
Une seule vie…
Comme tout le monde : on se lève le matin, prend son petit déjeuner, se douche, part au boulot, dépose ses enfants à l’école ou à la crèche, arrive au boulot, discute avec ses collègues, rigole, déjeune, bosse, réfléchi au repas du soir, aux courses à faire, aux papiers à envoyer, aux factures à payer, à cette nouvelle lampe qu’on aimerait bien acheter pour le salon, à faire la réservation pour les vacances, les baskets à acheter pour le grand, le ménage, le repassage…

Vous savez les préoccupations de la vie comme tout à chacun. On veut un bon boulot, où l’on gagne bien sa vie, une belle maison pour accueillir, une bonne voiture pour balader tout son petit monde, des vacances pour se reposer un peu, avoir une belle image de nous, être beau/belle sans défauts (vergeture, cellulite, petit poignet d’amour…), bien sapé…

Jusqu’au jour, où dans le cabinet de chez le médecin tout ton sang se glace, tu ne sais plus ce que tu dois faire, ce que tu dois dire, ressentir… Toi qui planifie, organise, anticipe tout pour ta petite famille… Cette famille qui compte 5 personnes dont 4 qui comptent sur toi pour tout leur petit monde. La dernière n’a pas 1 an et elle t’attend dans la salle d’attente avec ton mari.
Tu entends le médecin te dire que c’est grave, que tu aurais dû venir plus tôt, que tu as trop attendu… Tu l’entends au loin se dire à lui-même qu’il ne sait pas ce qu’il va pouvoir faire…
Et là je me suis dit j’ai failli ! J’ai pris soin de tout le monde sauf de moi. Oui j’ai mal depuis longtemps, oui cela faisait plus mal que d’habitude… Mais je l’ai déjà dit que j’avais mal ! Les médecins m’ont toujours dit que c’est normal d’avoir mal pour une femme ?! Alors j’ai continué à avoir mal et je m’y suis habitué, jusqu’à en vomir, ou à en tombé dans les pommes…
C’est pour cela que je viens vous voir docteur ! Le mot cancer n’est pas prononcer par le médecin mais par moi ! En réponse, à cette question, une échographie, une IRM, et un bilan complet est programmés dès le lendemain.
Et toi, tu sors retrouver ton mari et ta fille qui n’a pas un an, tu croises le regard de l’homme qui est tout pour toi et tu lis dans ces yeux qu’il a compris que c’était grave. Il se matérialise à tes cotées en quelques secondes, mais tu ne peux pas parler alors tu l’entends parler au médecin.
12h de brouillard, de peur, tu imagines le pire, tu visualises tes enfants et ton mari sans toi… Tu es paralysée par tes peurs, enlisée par ce qui pourrait arriver de pire ! Jusqu’à ce que les résultats tombent !
Endométriose…
Soulagement, c’est une maladie qui s’appelle l’Endométriose et l’Adénomyose.
Mais je ne comprends pas car j’ai une amie qui a cette maladie, et elle ne pouvait pas avoir d’enfant naturellement! Tout comme plusieurs personnalités qui représentent cette maladie dans les médiats.
Ce que je comprends en revanche, ce sont toutes ses années où j’avais mal, mal à vomir, mal au ventre, au dos, les migraines ophtalmiques, ne supportant pas les œstrogènes… beaucoup de choses s’explique… les retours de couches terribles, des journées entièrement gâchés par la douleur. Ce n’était pas normal. Mais le diagnostic est rassurant ce n’est pas un cancer ! J’AI DE LA CHANCE ! Ce n’est pas un cancer !

Pour les personnes qui ne connaissent pas cette maladie, vous pouvez lire la définition, les symptôme, le traitement… dans mon prochain article.
J’ai de la chance…

Je serai opéré dès le lendemain de mon IRM, d’une Hystérectomie totale avec salpingectomie bilatérale. Pour être plus clair, mon utérus, mon col de l’utérus, mes trompes sont extrêmement touchés, et sont donc retirés.
Mais je me répète que J’AI DE LA CHANCE. Après je serai tranquille, je n’aurai plus mal, j’arrêterai de dire à mes enfants « non, chéri maman à mal, pas tout de suite s’il te plait… ». Je pourrai faire du vélo avec eux quand j’en aurai envie ou enfin quand eux le voudront 😉.
J’AI DE LA CHANCE car j’ai eu mes enfants, mes 3 grands bonheurs, mon rêve… Alors je me répète que J’AI DE LA CHANCE. Même si l’opération fait mal, les suites opératoires font mal, qu’après plusieurs mois j’ai mal au ventre et que je ne digère rien, et qu’il y a d’autres choses qui ne vont pas niveau santé. Réopéré encore pour d’autres soucis de santé…
J’AI DE LA CHANCE, mais aujourd’hui en faisant le bilan… J’accepte encore avec difficulté… Je me permet à être triste, en colère… A faire le deuil de ce 4ème enfant que je ne porterai jamais…
Je prends conscience que cette maladie n’est pas fini… Que je l’ai et que je la porterai à vie… Que je l’emmène avec moi jusqu’au bout du monde… Que je vais devoir accepter… Que je ne suis plus la même avec elle, moi qui ne m’écouté jamais ! Je suis obligé aujourd’hui d’écouter ce corps qui n’est plus ce qu’il était, fatigué, irrité, courbaturé, emprise de douleur encore !
La peur…
Faire un grand changement de vie, c’est vrai que ça fait peur.
Mais savez-vous ce qui fait beaucoup plus peur ?
Ne plus avoir de vie, et des regrets.

Alors aujourd’hui, avoir peur de partir dans des contrés éloignées ne me fait pas peur, ce qui me fait peur c’est de rester ici.
On a besoin de partir…

Pour Moi, avoir le temps de faire les choses à mon rythme, m’obligeant à lâcher prise car aujourd’hui je n’ai plus le choix, je n’y arrive plus.
Cette semaine j’ai dit adieu à notre Troupe de danse « blooming Dance » entourée de toutes mes sœurs de cœur pour dire au revoir à presque 12 ans d’aventure, nous l’avons fait toutes ensembles avec beaucoup d’amour au profit de « Rosie au pays des géants » la fille d’une de mes meilleures amies. Cette période de bilan, c’est aussi accepté cette nouvelle vie avec la maladie et d’arriver à jeter mes chaussons de danse usés craqués, rafistolés tout comme mon corps l’ai aujourd’hui, mais c’est inéluctable.
J’ai besoin de temps pour me remettre des différentes opérations subies ces deux dernières années… Pour prendre soin de moi, avec mon nouveau régime alimentaire, une nouvelle hygiène de vie, reprendre une activité sportive…
J’ai besoin de retrouver ma sérénité, mon énergie, ma force… pour mes enfants ! Pour être présente pour leurs questions, leurs demandes, leurs attentes… avec bienveillance, attention, patience et amour… sans être engluée dans mes douleurs, prête à exploser, pleurer, vomir sous leurs regards inquiets, stressés… Eux qui doivent trouver tout cela incompréhensibles et moi qui porte en plus ce poids en culpabilisant de ne pas pouvoir être à des moments celle qu’ils attendent de moi.

Pour lui, qui me voit souffrir, affaiblie… Se sentant impuissant, en étant dans l’incapacité de me prendre mes douleurs… s’il le pouvait… il serai près à faire n’importe quoi !
Mais avec cette nouvelle vie qui nous ouvre les bras, il sera là ! Lui qui travaillait tant ! Aujourd’hui, il a besoin d’être là pour nous, présent pour me soutenir physiquement au quotidien avec les enfants, l’organisation… Pour les enfants, les voir grandir, s’épanouir… Je crois que c’est et ce sera sa plus grande fierté lorsqu’il sera temps pour lui de faire son bilan.
De nous avoir offert son rêve, un monde sans limite, sans frontière… D’avoir montré à ses enfants que pour eux, il n’a pas peur de nous faire vivre une aventure extraordinaire. Et C’est ce qu’il est lui un homme EXTRAORDINAIRE.
Pour eux.
Pour Enzo, mon grand, qui voit tout, et trop à quels points j’ai ou j’ai pu avoir mal. Qui m’a tant aidé avec ses sœurs lorsque j’étais alitée… Qui voit, qu’ici des choses nous font souffrir… Qui voit qu’un monde plus grand, plus vaste lui tend les bras.
Pour Lily et Emy, mes douces petites princesses, qui ne comprennent pas toujours pourquoi papa n’est pas tout le temps-là… Pourquoi maman est malade et n’arrive pas toujours à être à l’écoute, partante pour courir, faire un cache cache… Pourquoi, c’est Enzo, qui prend le relais des fois pour me soulager et qui m’aide tant. Je leur explique que tout cela va s’améliorer et leur dit à quel point ce qui les attendent est grand, merveilleux et à quel point elles ont de la chance.
Une semaine pour faire le bilan, bilan de vie…

NOUS AVONS DE LA CHANCE :
– Nous prenons la bonne décision
– Nous sommes tristes de partir et quitter ceux que nous aimons mais nous les garderons dans nos vies, j’en suis sûr.
– Nous sortons grandis de ses deuils de relations toxiques, conflictuels, nocifs.
– Nous sommes reconnaissants de pouvoir vivre cette seconde vie.
– Nous sommes plus fort chacun de nous, en couple et en famille, alors quoi que la vie nous réserve nous le vivrons ensemble, en nous soutenant les uns et les autres, sans avoir peur d’avancer et de continué sur un chemin qui nous correspond.
NOUS AVONS DE LA CHANCE !



Beau message plein d’Amour. Profitez à fond de ce super projet !
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Merci beaucoup pour votre message. Oui l’amour est moteur de grand projet ;-).
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